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Harmonisation comptable internationale
2. Harmonisation comptable internationale
IRE - Rapport annuel 1999 II. DROIT COMPTABLE
Dans ses précédents rapports, le Conseil a exposé
l’évolution des travaux de l’International Accounting Standards Committee. Cet
organisme, créé en 1973 par la profession comptable, a développé un ensemble
cohérent de normes comptables internationales reconnues dans un nombre sans
cesse croissant de pays. L’objectif de la normalisation comptable internationale
passe cependant par la reconnaissance officielle de ces normes. Sans cela elles
n’auraient pour seul intérêt que celui qui s’attache à une bonne doctrine. Dans
les juridictions où les normes comptables sont établies par la loi ou par un
organe de normalisation créé par celles-ci, il sera toujours impossible
d’appliquer des normes internationales qui ne seraient pas conformes aux règles
légales applicables dans cette juridiction.
Le développement de la mondialisation des marchés
financiers, l’utilisation de plus en plus fréquente des comptes annuels par des
analystes établis dans des pays différents de celui où les comptes annuels ont
été approuvés, rend de plus en plus indispensable l’élaboration d’un référentiel
comptable compréhensible par tous, indépendamment du pays où les normes ont été
produites. Cette évolution s’impose au premier titre pour les sociétés cotées
sur les marchés financiers internationaux.
Le 27 juin 1996, le Conseil des Ministres de l’Union
Européenne a approuvé une communication de la Commission Européenne intitulée
"L’harmonisation comptable: une nouvelle stratégie au regard de l’harmonisation
internationale". Dans cette recommandation, la Commission considérait que
l’Union européenne doit s’engager de tout son poids dans le processus
d’harmonisation internationale engagée sous les auspices de l’IASC en vue de
définir une série de normes comptables susceptibles d’être acceptées par les
marchés financiers du monde entier.
Par ailleurs, l’IASC a conclu avec l’Organisation
Internationale des Commissions de Valeurs (OICV) un accord destiné à permettre
la reconnaissance des normes comptables internationales comme référence pour les
entreprises souhaitant internationaliser la cotation de leurs titres. Ce
programme a conduit à une modification en profondeur de toutes les normes
comptables approuvées jusque là. Ce programme a pu être mené à bien dans les
délais voulus, en manière telle que l’ensemble des normes comptables
internationales en vigueur au 1er juillet 1999 tient compte des modifications
demandées par l’OICV.
Le Conseil de l’Institut a mis à la disposition de tous
les membres un exemplaire complet des normes approuvées par l’IASC au 1er
janvier 1999. Par ailleurs, des séminaires de formation ont été organisés en vue
de permettre aux membres d’acquérir une connaissance suffisante de ce
référentiel comptable qui contient des différences notables avec la
réglementation comptable belge.
Modifications des structures de l’IASC
Au stade actuel de son développement, le Conseil de
l’IASC a considéré qu’il était nécessaire de revoir son mode de fonctionnement.
En 1997, il a constitué un groupe de travail en vue de faire des recommandations
sur la stratégie et la structure à mettre en place au moment où un accord aura
pu être atteint avec l’OICV sur l’application internationale des normes IAS. Un
document de discussion fut publié en décembre 1998 pour commentaires. Ce
document a été revu en novembre 1999 et la nouvelle structure de l’IASC a été
approuvée le 17 décembre 1999. Les objectifs fixés sont les suivants :
développer dans l’intérêt public, un ensemble unique
de normes comptables de haute qualité, compréhensible et applicable en
pratique, requérant une information de haute qualité, transparente et
comparable dans les comptes annuels afin d’aider les acteurs des marchés de
capitaux mondiaux à prendre des décisions économiques saines
promouvoir l’usage et l’application rigoureuse de ces
normes et
contribuer à la convergence des normes comptables
nationales et des normes comptables internationales vers des solutions de
haute qualité.
Les structures mises en place ont pour but de renforcer
l’indépendance de l’IASC par rapport aux Instituts professionnels et par rapport
aux firmes d’experts-comptables et d’auditeurs. Depuis sa création, en 1973,
l’IASC avait été financé principalement par les firmes professionnelles et leurs
Instituts. Sous la pression des régulateurs des marchés financiers, la nouvelle
structure a rendu l’IASC autonome, voire étranger, à la profession comptable. Le
seul lien qui demeure, consiste à autoriser la Fédération internationale des
experts-comptables (IFAC) à désigner 5 personnes sur 19 dans le comité des
trustees, dont le rôle sera de sélectionner les membres du Board, du Standing
Interpretation Committee (SIC) ainsi que du Standards Advisory Council. Le
comité des trustees aura également pour but d’assurer le financement de l’IASC.
La principale modification réside dans la composition et
le fonctionnement du Conseil de l’IASC qui sera appelé dans le futur à approuver
les normes comptables. Ce Conseil se compose de 14 membres dont 12 seront
occupés à temps plein. Sept membres du Conseil devraient avoir la responsabilité
formelle de liaison avec une ou plusieurs institutions nationales responsables
de l’établissement des normes comptables. De ce fait, on doit constater le
renforcement du professionalisme de l’organe chargé de la normalisation
comptable internationale et de la coordination avec les principaux organismes de
normalisation nationale.
Cette nouvelle structure a pour effet que les membres de
la Fédération internationale des experts-comptables (IFAC), qui était jusqu’à ce
jour membre de droit de l’IASC, devraient perdre cette qualité en mai 2000,
après avoir été invités à s’exprimer sur les modifications de l’acte constitutif
de l’IASC.
Le Conseil de l’Institut considère que la manière dont
l’IASC a été réorganisé, sous la pression des principaux organismes de contrôle
des valeurs mobilières, laisse planer quelques doutes sur sa capacité à
conserver une indépendance suffisante vis-à-vis des commissions de valeurs
mobilières. Il constate que la profession a cédé toute responsabilité en matière
d’élaboration des normes comptables internationales à un organisme qui est
destiné à se perpétuer par lui-même et qui n’aura de crédibilité que par la
qualité des travaux qu’il fournit.
N’étant ni responsable de contribuer au bon
fonctionnement de l’IASC, ni responsable de promouvoir ses normes, le Conseil de
l’Institut se contente d’espérer qu’un accord puisse intervenir entre les
pouvoirs publics, en ce compris les organismes de contrôle des valeurs
mobilières en vue d’assurer que les intérêts et les préoccupations des Etats
membres de l’Union européenne et de leurs entreprises seront suffisamment pris
en considération dans le processus d’élaboration des normes comptables. Ceci ne
peut que rendre plus indispensable encore la création d’un organe européen de
contrôle des valeurs mobilières, capable de traiter ces questions d’égal à égal
avec des organismes étrangers similaires.