29 janvier 2026

Lieven Acke, réviseur d'entreprises

Le 17/11/2025, un article intitulé «  Le BAOB suggère au secteur 10 indicateurs de qualité d’audit pour assurer un suivi continu de la qualité » a été publié sur le site web du BAOB (CSR).

Les réflexions du BAOB sont à comprendre comme un encouragement à mettre en place sur base volontaire des AQI ; en effet, des AQI bien choisis peuvent aider à contrôler et à améliorer la qualité de l’organisation du cabinet.

La note du BAOB a sélectionné 10 AQI pertinents et fréquemment utilisés en pratique, et présente un plan en différentes étapes pour la mise en œuvre.

Le BAOB situe les AQI dans le contexte de la norme ISQM 1 qui impose aux cabinets de révision de mettre en place un système de gestion de la qualité dynamique, incluant un processus de suivi continu. Des AQI bien choisis peuvent aider à contrôler et continuellement améliorer la qualité de l’organisation du cabinet ainsi que celle de ses missions.

Les AQI permettent de fournir des points de contrôle qui :

  • donnent des informations sur les facteurs qui influencent, directement ou indirectement, la qualité de l’audit ;
  • font apparaître des signaux et des tendances dans le système de gestion de la qualité ;
  • permettent la détection rapide de risques et défaillances ;
  • renforcent la culture et l’attention portée à la qualité au sein d’un cabinet ;
  • objectivent la discussion concernant la qualité (en interne et avec les autorités de contrôle) ;
  • favorisent l’amélioration continue, parce qu’ils font ressortir des évolutions au fil du temps.

Les AQI ne mesurent donc pas la qualité d’un audit individuel, mais bien les circonstances, les processus et les comportements susceptibles de créer ou de mettre en péril cette qualité.

Que les cabinets soient rassurés : à ce jour, il n’existe aucune obligation réglementaire d’introduire des AQI au sein d’un cabinet. D’autre part, on ne peut nier que la sélection des AQI, présentée par le BAOB, fournit des informations judicieuses sur les thèmes de la norme ISQM 1 et que le recours aux AQI témoigne d’une professionnalisation et d’un souci de la qualité. En adoptant les AQI, le cabinet peut montrer qu’il :

  • collecte systématiquement des données de qualité ;
  • suit les tendances ;
  • assure le suivi des risques ;
  • et alimente activement son système ISQM 1.

Si les AQI ne sont pas obligatoires en vertu de la norme ISQM 1, ils s’inscrivent cependant parfaitement dans l’esprit et les objectifs de cette norme.

Les AQI ne visent pas à établir des comparaisons entre les cabinets : les AQI ont été conçus pour assurer un suivi de la qualité en interne, et non à des fins de comparaison externe. Ils donnent des informations sur les tendances au sein d’un seul cabinet, ils ne constituent pas une fiche de score entre différents cabinets. Ce serait d’ailleurs compliqué étant donné qu’il n’existe pas de définitions et/ou de méthodes de calcul uniformes, que l’application de ces AQI donne lieu à des différences d’interprétation et que la réalisation de certains AQI comporte un certain degré de subjectivité.

Les AQI sont-ils dès lors la grande nouveauté ? La réponse est non. Les confrères et consœurs qui portent la responsabilité de la gestion d’un cabinet reconnaîtront que leur cabinet suit déjà, peut-être de manière moins formelle, un certain nombre d’AQI sélectionnés par le BAOB. La démarche du BAOB doit être considérée comme une incitation en vue d’être approfondie : les AQI sont un instrument particulièrement efficace en termes de soutien, de suivi et d’amélioration du système de gestion de la qualité.

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