22 avril 2026
Gudrun Vande Walle, executive Director Ti-Be
Marc Beyens, Chair of the Board
Jan Cerfontaine, deputy-chair
L’intégrité est aujourd’hui d’une importance cruciale pour les entreprises qui placent la bonne gouvernance d’entreprise au cœur de leurs priorités. Elle implique une approche fondée sur des valeurs, un leadership éthique, une prise de décision transparente, ainsi qu’un refus ferme de toute forme de corruption dans les relations avec d’autres parties prenantes.
Les réviseurs d’entreprises jouent également, dans le cadre de leur fonction de contrôle, un rôle crucial dans la préservation de l’intégrité des entreprises. Parallèlement, l’intégrité du réviseur d’entreprises, compte tenu de la vulnérabilité inhérente à sa fonction, est en permanence exposée aux risques d’influence et de conflits d’intérêts. L’IRE soutient les réviseurs d’entreprises dans l’exercice de leur fonction, en toute indépendance et intégrité, conformément aux règles de déontologie professionnelle.
Au vu de ce rôle central des réviseurs d’entreprises dans la promotion de l’intégrité des organisations, une collaboration étroite existe depuis plusieurs années entre l’IRE et l’ONG Transparency International Belgium (TI‑Be), engagée dans la lutte contre la corruption et œuvrant en faveur d’une société intègre.
Dans cette contribution, nous présentons Transparency International Belgium ainsi que la collaboration avec l’IRE, et expliquons ce que nous pouvons apporter aux réviseurs d’entreprises.
Transparency International Belgium est la section belge du mouvement international Transparency International (TI), une organisation à but non lucratif disposant de sections dans plus de 100 pays et œuvrant en faveur d’une société exempte de corruption en mettant l’accent sur la transparence, la responsabilité (accountability) et l’intégrité à tous les niveaux de la société. TI a été fondée en 1993 par Peter Eigen, ancien cadre de la Banque mondiale, qui avait constaté à la fois les effets délétères de la corruption sur les projets de développement et l’absence d’une réponse internationale pour lutter contre ce phénomène.
La section belge existe depuis 1999. Elle est actuellement dirigée par Gudrun Vande Walle en qualité de directrice exécutive et par Marc Beyens en tant que président du conseil d’administration.
Le champ d’action de Transparency International est la corruption, définie de manière générale comme « l’abus d’un pouvoir légitime à des fins d’intérêt propre ou d’avantage personnel ». La corruption peut prendre de nombreuses formes, allant du fait de soudoyer des responsables politiques, des fonctionnaires ou des acteurs privés, aux conflits d’intérêts résultant du cumul de fonctions ou de pratiques de « portes tournantes » ; en passant par le lobbying motivé par l’intérêt propre ou celui d’une organisation individuelle : le copinage (népotisme), etc. Étant donné que la corruption va le plus souvent de pair avec du blanchiment de capitaux, cette infraction connexe relève également du champ d’action de TI‑Be.
Les activités de TI‑Be peuvent être subdivisées en quatre axes principaux : la recherche (research), à savoir la conduite d’études ; la sensibilisation (awareness raising), visant à conscientiser les publics cibles à la gravité de la corruption et à l’importance d’une politique d’intégrité ; l’éducation (education), en collaboration avec les hautes écoles et les universités ; et enfin le plaidoyer (advocacy), qui consiste à apporter un soutien aux parties prenantes.
En Belgique également, la lutte contre la corruption n’est pas encore achevée. C’est ce que met en exergue l’indice annuel de perception de la corruption publié par TI.
Une étude majeure de Transparency International est l’indice de perception de la corruption (Corruption Perceptions Index – CPI), publié annuellement. Cet indice reflète la perception, par des experts et par le monde des affaires, de la corruption dans le secteur public et des politiques anticorruption dans 182 pays et territoires affiliés à TI. Il aboutit chaque année à un classement des pays participants et met en évidence, au fil du temps, l’évolution de la situation propre à chaque pays. Le Danemark occupe la première place du classement, tandis que le Soudan du Sud y occupe la dernière.
La Belgique occupe aujourd’hui la 21ᵉ place sur 182 dans ce classement, ce qui la relègue en queue de peloton des pays d’Europe occidentale. Le CPI montre en outre que le score de la Belgique suit une tendance à la baisse depuis 2016. Cela signifie que les experts et le monde des affaires estiment que la corruption est en augmentation en Belgique et qu’aucune politique suffisamment ferme n’est mise en œuvre.
Afin d’inverser la tendance et de sensibiliser la société à l’importance de l’intégrité, TI‑Be collabore avec différentes parties prenantes.
Ainsi, il existe le Business Integrity Forum, un réseau rassemblant de grandes et petites entreprises qui œuvrent ensemble en faveur d’un monde entrepreneurial exempt de corruption et fondé sur l’intégrité, et qui échangent des bonnes pratiques en matière d’intégrité et de conformité, de dispositifs internes de signalement, d’évaluations des risques d’intégrité, de conformité (compliance), d’un canal de signalement interne, des integrity risk assessments, etc. La forme des rencontres varie, allant de sessions en ligne efficaces organisées pendant l’heure du déjeuner à des tables rondes ou des débats en panel, permettant également aux membres de se rencontrer physiquement.
Un public cible plus large est constitué des partenaires : responsables de la conformité (compliance officers), auditeurs, réviseurs d’entreprises, universités et hautes écoles, organisations de la société civile, responsables politiques, etc., qui sont associés aux activités de TI‑Be en fonction des besoins :
Nous mettons en place un partenariat adapté à vos besoins et à vos attentes, en concertation mutuelle, afin d’en faire un projet durable.
Au fil des années, TI‑Be a développé un partenariat durable avec l’IRE. Dans le cadre de ce partenariat, nous nous réjouissons de voir émerger de nouvelles initiatives et d’un renforcement de la collaboration avec les réviseurs d’entreprises membres, afin de donner ensemble une portée plus concrète et plus forte au grand « G » de l’ESG.
Les partenariats peuvent être conclus à titre individuel ou au niveau du cabinet. Vous trouverez toutes les informations sur : Become a partner of TI-Be. Prenez rendez-vous via : connect@transparencybelgium.be
Vous êtes d’ores et déjà les bienvenus au séminaire de printemps de TI‑Be, qui se tiendra le 8 mai à Bruxelles et qui est intitulé « From Reform to Reality: Rethinking Anti‑Corruption in Belgium ». Nous vous invitons à consulter régulièrement le site web de TI‑Be.