10 mars 2026

Jan Laplasse, chef de service communication IRE

 

Une nouvelle étude de l’Université de Tilburg démontre que de nombreux étudiants ont une perception structurellement trop négative de la profession d’auditeur. Cette perception biaisée réduit non seulement leur intérêt vis-à-vis du secteur, mais contribue également au déficit croissant de talents auquel celui‑ci est confronté.

La réalité se révèle toutefois nettement plus positive : dans la pratique, la profession s’avère plus variée, plus stimulante sur le plan intellectuel et plus autonome que ce que les étudiants imaginent à priori.

L’étude met en évidence un écart significatif entre les attentes et la réalité perçue

Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont analysé les réponses de 344 étudiants en économie et en comptabilité et de 161 auditeurs juniors exerçant tant au sein de cabinets Big Four qu’au sein d’organisations de taille moyenne.

Il en ressort que les étudiants évaluent de manière systématiquement plus négative le travail quotidien des auditeurs juniors que ces derniers ne le vivent dans la pratique. L’écart est le plus marqué au sein des cabinets Big Four, où les étudiants perçoivent le travail comme plus difficile, plus monotone et davantage axé sur la conformité que ce que déclarent les jeunes professionnels en poste.

Selon les chercheurs, la pénurie sur le marché du travail ne s’explique pas uniquement par la charge de travail ou par les contraintes réglementaires. Une perception erronée de la profession influence également de manière significative l’afflux de nouveaux candidats.

Malentendus concernant le contenu du job

De nombreux étudiants s’attendent à ce que le métier se limite à des tâches répétitives, à une autonomie restreinte et à un volume élevé d’heures supplémentaires. Or, la réalité s’avère différente. Le chercheur Bart Dierynck souligne à cet égard : «Les jeunes auditeurs présentent une tout autre réalité. Ils font état dun niveau plus élevé de stimulation intellectuelle, de davantage de contacts avec les clients et dune plus grande autonomie que ce à quoi les étudiants sattendent. Le travail apparaît également comme moins répétitif que ce que lon suppose souvent. [trad.]»

Cette réalité — caractérisée par la diversité des dossiers, des analyses de fond, l’interaction avec les clients et une responsabilité croissante — demeure largement sous‑estimée par les étudiants.

L’information seule ne suffit pas… sauf lorsque les étudiants ont un véritable aperçu de la réalité du métier

Depuis plusieurs années, les cabinets investissent dans des cours invités, des salons de l’emploi et des activités de réseautage afin de mieux informer les étudiants. L’étude démontre toutefois que ces efforts n’ont qu’un effet limité lorsque l’on cherche à corriger les attentes erronées.

Exception : les journées inhouse, durant lesquelles les étudiants participent activement aux activités ou bénéficient d’un véritable aperçu de l’envers du décor, s’avèrent avoir un impact à la fois réaliste et positif.

Les initiatives de l’IRE et de l’ICCI (Revisor Cup et offres de stage) : un contrepoids pertinent aux perceptions négatives

L’étude souligne l’importance d’initiatives permettant aux étudiants de se familiariser directement avec la dynamique et la pertinence sociétale de la profession.

C’est précisément dans cette optique que l’Institut des Réviseurs d’Entreprises investit depuis plusieurs années. Le Centre d’information du Révisorat d’entreprises prévoit également de lancer de nouvelles initiatives en ce sens.

Le 18 février, l’IRE a organisé la Revisor Cup, un quiz unique au cours duquel des étudiants issus des principales universités belges résolvent, en équipes, des questions liées à l’audit. À l’issue du quiz, ils ont l’occasion de participer à des séances de speed dating avec des représentants de cabinets de révision et de faire ainsi concrètement l’expérience de ce que l’étude met en évidence :

  • la diversité du contenu des missions,
  • les problématiques complexes que les réviseurs d’entreprises sont appelé(e)s à résoudre,
  • le travail en équipe et les contacts avec les clients,
  • et surtout l’autonomie et les responsabilités que les jeunes professionnels se voient confier rapidement.

Les réactions enthousiastes des participants montrent que, lorsque les étudiants font personnellement l’expérience de la réalité du métier, celui‑ci apparaît soudainement bien plus attractif et stimulant qu’ils ne l’avaient imaginé au départ.

En outre, le Centre d’information du Révisorat d’entreprises (ICCI) ouvrira prochainement une nouvelle plateforme regroupant des offres de stage proposées par des cabinets à destination des étudiants de bachelier et de master. De telles expériences inhouse pourraient contribuer à corriger la perception biaisée de la profession.

Nécessité d’une information réaliste et concrète

Les chercheurs plaident en faveur d’une information systématique à destination des étudiants, fondée sur des éléments corrects, actuels et orientés vers la pratique. L’IRE s’inscrit pleinement dans cette démarche et continue d’investir dans des activités visant à réduire l’écart entre la perception et la réalité — qu’il s’agisse de collaborations avec les universités, d’offres de stage, de cours invités ou encore d’initiatives telles que la Revisor Cup.

Un message porteur d’espoir pour l’afflux de nouveaux talents

L’étude confirme une réalité importante : dans la pratique, la profession d’auditeur est bien plus passionnante et diversifiée que ce que les étudiants imaginent.

En rendant plus visible la richesse de la profession et en offrant aux étudiants des expériences concrètes, le secteur peut attirer davantage de jeunes talents — tout en démontrant que choisir l’audit, c’est s’engager dans une carrière à la fois intellectuellement stimulante et socialement pertinente.

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